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"Quand on veut reprendre avec utilité, et montrer à un autre qu'il se trompe, il faut observer par quel côté il envisage la chose, car elle est vraie ordinairement de ce côté-là, et lui avouer cette vérité, mais lui découvrir le côté où elle est fausse." Pascal, Pensées Br. 9, Lafuma 5.

Présentation des logiciels Libres

Conclusion

La Free Software Foundation, ou Fondation pour le Logiciel Libre

Emacs[, logiciel d'édition de texte,] attirant de plus en plus l'attention, le projet GNU comptait un nombre croissant de participants, [il est devenu nécéssaire] de repartir à la chasse aux fonds. En 1985, [a été] créé la fondation du logiciel libre (FSF), une association à but non lucratif, exemptée d'impôts, pour le développement de logiciel libre.

La FSF a récupéré le marché de la distribution de logiciel libre sur bandes, auxquelles elle ajouta ensuite d'autres logiciels libres (GNU ou non), et par la vente de manuels libres. La FSF accepte les dons, mais la plus grande partie de ses recettes est toujours provenue des ventes - de copies de logiciel libre ou d'autres services associés. De nos jours, elle vend des CD-ROM de code source, des CD-ROM de binaires, des manuels de qualité (tout cela, en autorisant la redistribution et les modifications), et des distributions Deluxe (dans lesquelles [sont construit] tous les logiciels pour la plate-forme de votre choix). Les employés de la fondation du logiciel libre ont écrit et maintenu un grand nombre de paquetages logiciels du projet GNU, en particulier la bibliothèque du langage C et l'interpréteur de commandes. La bibliothèque du langage C est ce qu'utilise tout programme fonctionnant sur un système GNU/Linux pour communiquer avec Linux. [..]

Nous avons financé le développement de ces programmes car le projet GNU ne se limitait pas aux outils ou à un environnement de développement. [le but de la FSF] était la mise en place d'un système d'exploitation complet, et de tels programmes étaient nécessaires pour l'atteindre.

Assistance technique au logiciel libre

La philosophie du logiciel libre rejette une pratique spécifique, très répandue dans l'industrie du logiciel, mais elle ne s'oppose pas au monde des affaires. Quand des entreprises respectent la liberté des utilisateurs, nous leur souhaitons de réussir.

La vente de copies d'Emacs est une forme d'affaires fondées sur du logiciel libre. Quand la FSF a récupéré ce marché, [Richard Stallman a dû] chercher une autre solution pour gagner [sa] vie. [Il l'a] trouvée sous la forme de vente de services associés au logiciel libre [qu'il avait] développé. Cela consistait à enseigner des thèmes tels que la programmation de GNU Emacs et la personnalisation de GCC, et à développer du logiciel, principalement en portant GCC sur de nouvelles plates-formes.

[..]. Certaines distribuent des compilations de logiciel libre sur CD-ROM ; d'autres vendent de l'assistance technique en répondant à des questions d'utilisateurs, en corrigeant des bogues, et en insérant de nouvelles fonctionnalités majeures. On commence même à observer des sociétés de logiciel libre fondées sur la mise sur le marché de nouveaux logiciels libres.

Prenez garde, toutefois certaines des sociétés qui s'associent à la dénomination « open source » [NdT : littéralement, « [logiciel dont le] code source est ouvert ». C'est une périphrase lourde et inélégante en français, mais qui résout en anglais l'ambiguïté discutée plus haut, bien que l'auteur rejette cette solution [..]]. Il s'agit ici de sociétés qui font peu de cas du logiciel libre et choisissent un slogan calculé pour s'attirer les faveurs du public. fondent en réalité leur activité sur du logiciel propriétaire, qui interagit avec du logiciel libre. Ce ne sont pas des sociétés de logiciel libre, ce sont des sociétés de logiciel propriétaire dont les produits détournent les utilisateurs de leur liberté. Elles appellent cela de la « valeur ajoutée », ce qui reflète quelles valeurs elles souhaitent nous voir adopter : préférer la facilité à la liberté. Si nous faisons passer la liberté au premier plan, il nous faut leur donner le nom de produits à « liberté soustraite ».[..]

Linux et GNU/Linux

Le GNU Hurd n'est pas encore utilisable de manière intensive. Heureusement, on dispose d'un autre noyau. En 1991, Linus Torvalds a développé un noyau compatible avec Unix et lui a donné le nom de Linux. Aux alentours de 1992, la jonction de Linux et du système GNU, qui était presque complet, a fourni un système d'exploitation libre et complet (ce travail de jonction était lui-même, bien sûr, considérable). C'est grâce à Linux qu'on peut désormais employer une version du système GNU. On appelle cette version du système « GNU/Linux » pour signaler qu'il est composé du système GNU et du noyau Linux.

Les défis à venir

Nous avons fait la preuve de notre capacité à développer un large spectre de logiciel libre. Cela ne signifie pas que nous sommes invincibles et que rien ne peut nous arrêter. Certains défis rendent incertain l'avenir du logiciel libre ; et il faudra des efforts et une endurance soutenus pour les relever, pendant parfois plusieurs années. Il faudra montrer le genre de détermination dont les gens font preuve quand ils accordent de la valeur à leur liberté et qu'ils ne laisseront personne la leur voler. Les quatres sections suivantes discutent de ces défis.

Le matériel secret

Les fabricants de matériel tendent de plus en plus à garder leurs spécifications secrètes. Cela rend plus difficile l'écriture de pilotes de périphériques libres afin de permettre à Linux et au projet XFree86 de reconnaître de nouveaux matériels. Nous disposons aujourd'hui de systèmes entièrement libres, mais cela pourrait ne plus être le cas dans l'avenir, si nous ne pouvons plus proposer des pilotes pour les ordinateurs de demain.

On peut résoudre ce problème de deux manières. Les programmeurs peuvent analyser l'ensemble afin de deviner comment prendre en compte le matériel. Les autres peuvent choisir le matériel qui est reconnu par du logiciel libre ; plus nous serons nombreux, plus la politique de garder les spécifications secrètes sera vouée à l'échec.[..]

Les brevets sur les logiciels

La pire menace provient des brevets sur les logiciels, susceptibles de placer des algorithmes et des fonctionnalités hors de portée des logiciels libres pendant une période qui peut atteindre vingt ans. Les brevets sur l'algorithme de compression LZW ont été déposés en 1983, et nous ne pouvons toujours pas diffuser des logiciels libres qui produisent des images au format GIF correctement compressées. En 1998, la menace d'une poursuite pour cause de violation de brevets a mis fin à la distribution d'un programme libre qui produisait des données sonores compressées au format MP3. Il existe plusieurs manières de répondre au problème des brevets : on peut rechercher des preuves qui invalident un brevet, et on peut rechercher d'autres solutions pour remplir une tâche. Mais chacune de ces méthodes ne fonctionne que dans certains cas ; quand les deux échouent, il se peut qu'un brevet empêche le logiciel libre de disposer de fonctionnalités souhaitées par les utilisateurs. Que ferons-nous dans ce genre de situation ? [..]

Il nous faut faire l'apologie de la liberté

On estime aujourd'hui à dix millions le nombre d'utilisateurs de systèmes GNU/Linux et Red Hat Linux de par le monde. Le logiciel libre propose tant d'avantages pratiques que les utilisateurs s'y ruent pour des raisons purement pratiques. [..] Mais l'intérêt pour le logiciel libre croît plus vite que la prise de conscience de la philosophie sur laquelle il se fonde, et cela provoque des problèmes. Notre capacité à relever les défis et à répondre aux menaces évoqués plus haut dépend de notre volonté à défendre chèrement notre liberté. Pour nous assurer que notre communauté partage cette volonté, il nous faut répandre ces idées auprès des nouveaux utilisateurs au fur et à mesure qu'ils rejoignent notre communauté. “Mais nous négligeons ce travail ; on dépense bien plus d'efforts pour attirer de nouveaux utilisateurs dans notre communauté qu'on n'en dépense pour leur enseigner l'éducation civique qui lui est attachée. Ces deux efforts sont nécessaires, et il nous faut les équilibrer.” [..]

L'avenir de la liberté n'est pas un fait acquis. Ne le considérez pas comme tel ! Si vous souhaitez conserver votre liberté, il vous faut vous préparer à la défendre.

Source : Document tiré du site de la Free Software Foundation, http://www.fsf.org/home.fr.html Copyright (C) 1997, 1998, 1999 Free Software Foundation, Inc., 59 Temple Place - Suite 330, Boston, MA 02111, USA

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